Dessins de Charles-Germain de Saint-Aubin

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L’entrée des dessins de Charles-Germain de Saint-Aubin dans les collections de la bibliothèque est pour le moins originale. Ces dessins furent légués à l’Académie des Beaux-Arts en 1833 par l’abbé Marie-François-Gilles Rever, correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, avant d’être versés dans les collections de la Bibliothèque de l’Institut. Dans son testament, M. Rever a décrit les circonstances dans lesquels il découvrit les dessins de Charles-Germain de Saint-Aubin : « Le hasard me fit trouver, pendant la Révolution, son portefeuille étalé par terre sur un quai de Paris. Je l’achetai. »[1]

Charles-Germain de Saint-Aubin (1721-1786) est issu d’une longue lignée de brodeur[2]. Il est le petit-fils de Germain de Saint-Aubin (1657-1734), brodeur et concierge chez la duchesse de Lesdiguières à Paris et l’aîné des 7 enfants de Gabriel-Germain de Saint-Aubin (1696-1756) qui eut la charge de brodeur du roi pendant 30 ans. Charles-Germain de Saint-Aubin fut élève de son père avant de se mettre à son compte et pris sa succession en tant que dessinateur du roi pour la broderie et la dentelle sous le règne de Louis XV.

La présente sélection réunit trois volumes de dessins (Ms 2057 à 2059), pour la plupart annotés par Augustin de Saint-Aubin (1736-1807), frère de Charles-Germain de Saint-Aubin, qui fut dessinateur et graveur du Roi. Ces trois manuscrits réunissent 123 dessins collés sur carton, pour la plupart de broderies. Les techniques employées sont l’aquarelle et l’encre.

En plus de ses talents graphiques, Charles-Germain de Saint-Aubin est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « L’Art du brodeur » qui constitue l’un des chapitres du tome XIV des Descriptions des arts et métiers, faites ou approuvées par Messieurs de l'Académie royale des sciences, collection d’ouvrages de référence sur les métiers artisanaux mis en œuvre par l’Académie royale des Sciences sur l’initiative de Colbert. Le traité s’accompagne de planches gravées pour lesquelles le testament de l’abbé Rever signale que les dessins originaux de ces planches font partie du don qu’il fait à l’Académie des Beaux-Arts[3]. Ces planches ne font pas partie des dessins réunis dans les manuscrits Ms 2057 à 2059, il semblerait donc qu’elles n’aient pas été déposées à la Bibliothèque de l’Institut en même temps que les autres dessins de Charles-Germain de Saint-Aubin.

 

[1] Transcription du testament de l’abbé Rever provenant du procès-verbal de la séance du 20 avril 1833 (Procès-verbaux de l’Académie des Beaux-Arts. Tome V, 1830-1834. 2004, p.219).

[2] Toutes les informations concernant la biographie de Charles-Germain de Saint-Aubin sont issues des fiches artistes disponibles sur le site internet des collections du département des arts graphiques du Louvre (http://arts-graphiques.louvre.fr/detail/artistes/11/4584-SAINT-AUBIN-Charles-Germain-de, consultée le 02/02/2022).

[3] Transcription du testament de l’abbé Rever provenant du procès-verbal de la séance du 20 avril 1833 (Procès-verbaux de l’Académie des Beaux-Arts. Tome V, 1830-1834. 2004, p.219).




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