Correspondance de Flaubert

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Grand écrivain du XIXe siècle, Gustave Flaubert (1821-1880) échangea avec ses contemporains une prolifique correspondance dont une partie nous demeurera à jamais inconnue, l’écrivain ayant organisé de son vivant la destruction de certaines lettres qu’il avait reçues, en échange d’une destruction réciproque des lettres de sa main par ses correspondants[1]. Même incomplète, cette correspondance a fait l’objet de plusieurs projets d’éditions exhaustives. La nièce de Flaubert fut à l’origine du premier de ces projets, seulement quelques années après la mort de son oncle. Le 1er volume de Correspondance générale, paru en 1887, regroupe les lettres de 1830 à 1850. Cette première entreprise compte 4 volumes parus entre 1887 et 1893 et regroupe 809 lettres mal datées et lacunaires. De nombreux correspondants de Gustave Flaubert (Hippolyte Taine, Emile Zola, la Princesse Mathilde…) témoignèrent d’une grande réticence à faire publier leurs échanges avec l’écrivain et refusèrent de participer au projet[2].

Au fil du temps, avec la mort de ces correspondants et l’évolution des mentalités, un grand nombre de lettres autographes écrites par Gustave Flaubert ou lui ayant été envoyées est devenu disponible et a permis d’alimenter des éditions plus complètes. Parmi celles-ci, quatre éditions font référence :

  • l'édition Louis Conard en 9 volumes, parue de 1926 à 1933
  • le supplément de l’édition Conard en 4 volumes, paru en 1954
  • l’édition du Club de l’Honnête Homme en 5 volumes, publiés entre 1971 et 1975
  • la publication de la Bibliothèque de la Pléiade en 5 volumes, parue de 1973 à 2007.

Afin de donner accès à toutes ces lettres réparties dans différentes éditions, le Centre d'Etudes et de Recherche Editer/Interpréter (CEREdI), unité de recherche de la Faculté des Lettres de l’Université de Rouen (EA 3229), publie en ligne une édition électronique de la Correspondance de Gustave Flaubert (flaubert.univ-rouen.fr/correspondance/edition/index.php). Dans ce cadre, une convention a été mise en place entre l’Institut de France et l'Université de Rouen Normandie pour financer la numérisation intégrale des lettres du fonds Franklin-Grout, léguées à l’Institut de France par Caroline Franklin-Grout, ainsi que quelques lettres dispersées dans d’autres fonds de la Bibliothèque de l’Institut.

Sur les 6945 lettres consultables sur le site du CEREdI[3], 3393 sont conservées à la Bibliothèque de l’Institut de France. Parmi ces lettres, 1483 sont de la main de Gustave Flaubert et 1910 sont des lettres qui lui ont été adressées. La première lettre date de 1830, lorsque Flaubert avait 9 ans. Les correspondants de ces lettres sont aussi bien des membres de la famille que des amis de l’écrivain (Maxime Du Camp, Victor Hugo, George Sand, Louis Bouilhet, Jules Duplan…). Il s’agit d’écrits intimes, non destinés à être publiés, qui témoignent à la fois de ses relations familiales, amicales, mondaines… et de son processus créatif.

 

[1] Yvan Leclerc :  Les éditions de la correspondance de Flaubert. 2001 (texte disponible en ligne https://flaubert-v1.univ-rouen.fr/correspondance/)

[2] Ibid.

[3] Chiffres consultés le 28/01/2022.




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