Manuscrits de Léonard de Vinci

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Ces douze carnets datent de 1487 à 1508 environ. Au format et au contenu variés, ils sont plus scientifiques et techniques qu'artistiques. Certains ont un très petit format et pouvaient tenir dans la poche de l'artiste. Ils contiennent des notes, des croquis et des ébauches de traités sur des sujets divers qui n'ont pas encore tous perdu leur mystère.

L'écriture de Léonard de Vinci – qui était gaucher - est inversée et se lit de droite à gauche. Sa langue est l'italien mêlé de dialecte lombard. Son orthographe est personnelle et il n'use d'aucune ponctuation ni d'accentuation.

A la fin du XVIIIe siècle, ces carnets furent distingués au moyen de lettres, de A à M, qui les caractérisent toujours.

 

Comment les carnets devinrent la possession de l'Institut de France

Léonard donna par testament ses manuscrits et dessins à son ami Francesco Melzi qui les rapporta à Milan et les conserva jusqu'à sa mort en 1570. Ils furent ensuite vendus par le fils de Melzi, réorganisés, dispersés, parfois perdus.

Presque tous les carnets de l'Institut proviennent du comte Galeazzo Arconati qui les avait achetés aux héritiers de Pompeo Leoni, puis donnés en 1637 à la Biblioteca Ambrosiana de Milan. Le manuscrit C était entré dès 1609 à l'Ambrosiana, après être passé entre diverses mains privées, et le manuscrit K fut donné à cette même bibliothèque en 1674 par le comte Orazio Archinti.

Lorsque Bonaparte entra à Milan en vainqueur, en 1796, à la tête de l'armée de la jeune République française, il imposa à la Lombardie un tribut de guerre et la confiscation d'œuvres scientifiques et artistiques majeures. Ses délégués, et notamment le mathématicien Gaspard Monge, choisirent à la Biblioteca Ambrosiana plusieurs caisses de biens qui prirent le chemin de la France et plus particulièrement de la Bibliothèque Nationale à Paris. Seuls les douze carnets furent remis à l'Institut National, car là les attendaient des savants capables de les étudier, ce qui fut fait dans les années suivantes.

En 1815, lors de l'occupation de Paris par les alliés à leur tour vainqueurs de Napoléon, la restitution des biens artistiques fut décidée, mais l'on pensa surtout à visiter les grands dépôts. Les petits manuscrits de l'Institut, ni repérés ni réclamés, furent tout simplement oubliés.

En 1848, le comte italien Guglielmo Libri-Carrucci (1803-1869), personnalité complexe (mathématicien et historien des sciences, professeur au Collège de France, membre de l'Académie des sciences), s'enfuit en Angleterre après avoir volé dans les bibliothèques françaises un grand nombre d'imprimés et de manuscrits précieux. En 1850, un procès le condamna à dix ans de prison par contumace mais il mourut en exil sans être revenu en France. En 1847, il avait pu vendre en Angleterre une partie de sa collection, dans laquelle se trouvaient 34 feuillets de Léonard de Vinci, prélevés dans le carnet A - sur 98 feuillets- et 10 feuillets sur 100 dans le carnet B. Ces feuillets prirent alors le nom de leur acquéreur, Lord Bertram, quatrième comte d'Ashburnham (mort en 1878) et devinrent le Codex Ashburnham 1875/1-2. En 1891, les feuillets volés furent rendus à l'Institut de France, après avoir été récupérés par la Bibliothèque nationale en 1888. Entre 1888 et 1891, ils portèrent à la Bibliothèque nationale la cote "Manuscrit italien 2037-2038". Ils sont aujourd'hui conservés à l'Institut sous la cote Ms 2184-2185 et sont considérés comme des suppléments des carnets A et B.

 

En 2019, les carnets ont fait l'objet d'une nouvelle campagne de numérisation  par les photographes de la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais (RMN-GP). La même année, la bibliothèque de l'Institut leur a consacré une exposition désormais accessible virtuellement.




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